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Les camions à hydrogène gagnent du terrain

Electrique et nouvelles énergies   >    Autres énergies

C'est le nouveau défi de nombreux constructeurs automobiles internationaux : lancer dans les meilleurs délais des camions équipés de moteur hydrogène. Comment fonctionne cette énergie ? Quels sont ses avantages pour le transport routier de marchandises et répond-elle aux enjeux de la transition énergétique ?

 

Par Nikolas - Publié le 11/08/2020 

Lecture : 4 min


Camion hydrogène à la pompe

 

Camion avec moteur hydrogène : comment ça marche ?

La technologie utilisée dans les différents projets de camion roulant à l'hydrogène associe des réservoirs prévus pour stocker cette énergie et des piles à combustible. Concrètement, le mode de fonctionnement est très similaire à celui d'un moteur électrique « classique », à la différence majeure que l'énergie n'est pas contenue dans une batterie mais générée par le contact entre l'hydrogène et les piles à combustibles. En ne rejetant que du monoxyde de dihydrogène (H2O), les camions hydrogène sont zéro émissions et répondent pleinement aux normes environnementales en vigueur.

Poids lourds hydrogène : une autonomie suffisante pour de nouvelles habitudes de mobilité ?

L'autonomie d'un poids lourds roulant à l'hydrogène dépend à la fois de la puissance du moteur, de la puissance de la pile à combustible ainsi que de la capacité de stockage des réservoirs. Plus cette dernière sera grande, plus le camion pourra puiser dans l'énergie à disposition afin de faire fonctionner les piles à combustible et de produire l'électricité nécessaire pour se déplacer. Si quelques constructeurs (Hyundai, Iveco, Toyota, Volvo Trucks etc.) proposent déjà des modèles avec une autonomie de 400 à 500 km, des objectifs nettement plus ambitieux sont déjà dans les esprits pour une généralisation des poids lourds hydrogène capables d'effectuer de longs trajets. 

Spécialiste de la fabrication de camions électriques et hydrogènes en Amérique du Nord, le groupe américain Nikola Motor a ainsi développé trois modèles de véhicules poids lourds au cours des dernières années, avec des promesses d'autonomie bien au-delà des 1000 km, en fonction des options choisies et une commercialisation des premiers camions nouvelle génération (Nikola Tre) en Europe entre 2022 et 2023. Le tout avec des temps de recharge relativement réduits, puisqu'un plein d'hydrogène serait obtenu en une vingtaine de minutes.

Des chiffres qui sont potentiellement intéressants pour les transporteurs routiers, surtout à l'heure où la réglementation se durcit à l'encontre des camions diesel classiques jugés trop polluants. A condition que les coûts d'investissement et que les infrastructures de recharge se développent suffisamment rapidement en parallèle pour répondre aux exigences des entreprises du TRM…
 

Camion hydrogène : une ambition élevée en France

Pleinement engagée dans la transition énergétique, la France a de solides ambitions pour le développement de la mobilité hydrogène au cours de cette décennie. La programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), couvrant la période 2019-2028, prévoit plusieurs engagements d'envergure en faveur de cette énergie, y compris pour les véhicules poids lourds. 

Selon ce plan, le territoire devra être équipé de 100 stations publiques hydrogène à l'horizon 2023, puis de 400 à 1 000 stations en 2028, selon les avancées technologiques enregistrées par la filière. En termes de nombre de véhicules en circulation, la PPE table sur 200 modèles lourds en 2023, avant une nette accélération sur les cinq années suivantes pour atteindre 20 000 à 50 000 camions à hydrogène en 2028.
 

Généraliser l’hydrogène vert, un projet dans le projet

Si le développement d'infrastructures suffisantes pour une vraie mobilité hydrogène est essentiel, une autre ambition découle directement de ce projet d'envergure nationale. Comme le rappelle le Plan de déploiement de l'hydrogène pour la transition énergétique émanant du Ministère de la transition écologique et solidaire, l'hydrogène utilisé en France est actuellement produit à 94% à partir d'énergies fossiles, représentant 3% des émissions de CO2 nationales. Pour y remédier, le gouvernement mise sur un pourcentage revu à la hausse : entre 20 à 40% d'hydrogène décarboné produit en 2028.

Afin de se conformer à cet objectif directement lié à la lutte contre le réchauffement climatique, la production d'hydrogène devra désormais s'orienter vers des procédés plus propres, tels que l'électrolyse de l'eau, qui consiste à utiliser l'électricité obtenue de manière renouvelable (éolien, solaire) pour obtenir la décomposition de l'eau en oxygène puis en hydrogène. Une part d'hydroélectricité pour produire l'énergie nécessaire au fonctionnement des camions et autres poids lourds hydrogène, conforterait l'image écologique de ces véhicules. Instance reconnue en France dans ce domaine, l'Association française pour l'hydrogène et les piles à combustibles (Afhypac) voit plus loin et mise sur une production d'hydrogène nationale majoritairement d'origine renouvelable et bas carbone en 2030 : 700 000 tonnes sur un total d'1,35 million de tonnes. 
 


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