Skip to content

Quels bénéfices pour le transport routier suite au plan de relance économique ?

Transporteurs

Le 3 septembre dernier, le gouvernement a officiellement dévoilé le plan de relance pour surmonter la crise économique consécutive au COVID-19. Un panel de mesures parmi lesquelles certaines concernent le transport routier, en première ligne pendant le confinement national et durement impacté par le contexte économique et sanitaire.

 

Par Nikolas - Publié le 23/09/2020

Lecture : 4 min


Véhicules poids lourds

Des conséquences toujours notables pour le secteur du TRM suite au COVID-19

Il y a quelques semaines, la Fédération national du Transport routier (FNTR) a communiqué sur les chiffres du second trimestre 2020. Cette annonce s’appuie notamment sur les résultats d’une consultation réalisée du 1er au 15 juillet, qui a reçu plus de 600 réponses d’entreprises du TRM.

Principal enseignement : une baisse de 27% sur le chiffre d’affaires a été constatée par les chefs d’entreprises sur le second trimestre de cette année, par rapport à la période précédant la crise sanitaire. Les professionnels interrogés reconnaissent toutefois une tendance encourageante sur le mois de juillet, marqué par une amélioration par rapport aux mois de mai et de juin.

Cette tendance « positive » se traduit par une réduction des indicateurs préoccupants pour le secteur du transport routier, malgré un contexte qui demeure très fragile du fait de la situation sanitaire :

  • 22% des entreprises évoquent des difficultés en lien avec le chargement ou à la livraison en juillet (31% en juin)
  • 2% des conducteurs étaient encore inscrits au chômage partiel en juillet (4% en juin et 15% en mai)
  • 12% des chefs d’entreprise parlent de conditions de travail dégradées en juillet (20% en juin)

Plan de relance : aucune mesure directement liée à l’économie du transport routier de marchandises…

Les principales organisations professionnelles du TRM n’ont pas manqué de le souligner, à l’instar de la FNTR dans un communiqué du 4 septembre dernier. Le plan de relance dévoilé à la rentrée n’intègre aucune mesure économique concrète pour le transport routier : « Contrairement aux autres secteurs touchés par la crise, le transport routier de marchandises et la logistique ne bénéficieront pas de mesures spécifiques. Dont acte. ».

Passé ce constat, elles ont insisté sur le rôle essentiel joué par les transporteurs routiers au plus fort de la crise sanitaire, et espèrent désormais que les dispositions du plan de relance auront un impact positif pour les entreprises du secteur. Avec une mise en garde formulée unanimement : le refus catégorique de nouvelles contraintes fiscales dans la future loi de finances. « Si le secteur espère bénéficier indirectement de la relance globale, les organisations professionnelles avertissent qu’elles seront extrêmement attentives à toute augmentation de la pression fiscale sur les entreprises du secteur. Privées de mesures de soutien ad hoc, les entreprises ne sauraient, de surcroît, financer ce plan via de nouvelles taxes ».

Mais des décisions pour accélérer la transition énergétique du secteur

Le TRM n’est toutefois pas totalement absent du plan de relance. Ce dernier intègre en effet plusieurs mesures visant à accélérer la transition énergétique du secteur, à travers deux chantiers majeurs.

Développer la filière hydrogène dans un contexte de transition écologique

Face aux enjeux climatiques soutenus par la France, dans la continuité de la stratégie de l’Union européenne, la mise en place d’une filière complète dédiée à l’hydrogène fait désormais partie des priorités. Le plan de relance prévoit ainsi 7,2 milliards d’euros d’investissements pour permettre de soutenir le déploiement d’ici 2030 des infrastructures nécessaires à la production, au stockage et à la distribution de cette énergie. 

Sur cette enveloppe, 2 milliards d’euros seront débloqués pour les années 2021 et 2022. Pour le secteur du transport routier, cela se traduit par des opportunités intéressantes, principalement en milieu urbain et périurbain. Pour rappel, les promesses de l’hydrogène sont séduisantes en termes de protection de l’environnement, grâce à des émissions de polluants nulles à l’échappement.

Favoriser la conversion énergétique des véhicules poids lourds

Le soutien à la conversion des véhicules est l’autre mesure forte qui va concerner le transport routier de marchandises. 2,7 milliards d’euros sont ainsi prévus pour le renouvellement du parc automobile, dont une part encore à définir pleinement consacrée à la transition énergétique des poids lourds. Le montant exact sera connu ultérieurement, tout comme le cadre dans lequel cette enveloppe pourra être utilisée. Les premières pistes vont dans le sens d’une prime à la conversion liée à l’achat d’un véhicule poids lourds électrique ou hydrogène, combinée à la mise au rebut d’un ancien modèle dont les émissions de polluants ne respectent pas les normes environnementales désormais en vigueur.

Des annonces encourageantes du point de vue des instances représentatives du TRM, qui rappellent que le transport routier occupe une place essentielle dans l’activité économique du pays : « si les mesures de soutien à la conversion écologique sont saluées par les organisations professionnelles du secteur, elles restent génériques. (…) Le TRM représente aujourd’hui 90% du fret de marchandises en France et, même si l’on atteint les objectifs de report modal, il représentera toujours plus de 75% du fret de marchandises en France. Il est et restera incontournable. Il est un levier à court et moyen terme pour réussir la transition énergétique, pour améliorer la compétitivité française et l’emploi. »

 


Pour aller plus loin


 

Retour